François Bayrou considère que l’affrontement camp contre camp a conduit la France dans la situation de crise où elle se trouve. C’est pourquoi le candidat à l’élection présidentielle propose de rassembler au-delà des clivages politiques traditionnels : l’Allemagne qui a choisi cette voie, est en train de se redresser. Enfin, François Bayrou a fustigé "le déluge de promesses" des autres candidats à la présidentielle et en particulier les baisses d’impôts annoncées alors que la dette publique est colossale.
François Bayrou veut mettre fin à "une habitude française" : celui qui remporte l’élection, possède tous les pouvoirs et en abuse ; celui qui perd, est exclu de tout. Cette situation a conduit, selon lui, à une double irresponsabilité : la majorité ne rend de comptes à personne, l’opposition n’a rien d’autre à faire qu’à critiquer en permanence. Cela "a conduit à la crise où nous sommes et que les Français paient – au sens propre – en termes de chômage et de pouvoir d’achat" a estimé François Bayrou.
L’approche du candidat à l’élection présidentielle est toute différente : "Il s’agit de rassembler en respectant l’identité de chacun. Ce n’est pas parce qu’on est différent qu’on ne peut pas travailler ensemble", pourvu qu’on s’entende sur un programme de redressement. François Bayrou a pris l’exemple de l’Allemagne où le peuple a obligé la CDU et le SPD à travailler ensemble alors que les deux formations y étaient opposées : aujourd’hui, le gouvernement d’Angela Merkel obtient de très bons résultats.
En France, le changement de système passe par l’élection présidentielle : il a expliqué que c’est le peuple qui décide de donner mandat à un candidat de rassembler au-delà de son camp comme l’a fait le général De Gaulle en 1958 et à la Libération. C’est ensuite au président élu de former "un gouvernement de redressement".
Les bons sondages à son égard s’expliquent, selon lui, par la rencontre qu’il est en train de vivre avec les Français : il sent une adhésion nouvelle à sa démarche. Et le respect qu’il porte aux Français, est plus important que les autres candidats. Il a estimé que dès l’instant qu’il y a un troisième candidat qui déstabilise le duo programmé, ses partisans font l’objet de tentatives de débauchage. François Bayrou a jugé "la campagne inquiétante" : il a fustigé "le déluge de promesses" qui dépasse, selon lui, les limites de ce qu’on a connu jusqu’ici. "Je trouve que c’est légitime que les autres candidats subissent une sanction" a estimé le candidat à l’élection présidentielle.
Il a notamment jugé qu’il n’était pas sérieux de promettre des dizaines de milliards de baisses d’impôts comme le fait Nicolas Sarkozy alors que la France connaît un endettement record. François Bayrou a une nouvelle fois annoncé qu’il s’était juré pendant toute la campagne de parler de la dette et du déficit publics. Il a rappelé que la totalité de l’impôt sur le revenu sert à payer les intérêts de la dette : cela coûte en moyenne 2000 euros par an par ménage.
Interrogé sur la défense des services publics dans les zones rurales, François Bayrou a estimé que "c’est un combat très important pour la France et son équilibre" : "partout où ça va bien, l’Etat est hyper présent ; partout où ça va mal, l’Etat est absent" a déploré le candidat. L’Etat doit, selon lui, être présent partout, pas seulement pour assurer la sécurité mais également pour offrir les services publics à la population : c’est vrai pour les zones rurales comme pour les banlieues. Mais le candidat à l’élection présidentielle pense que les services publics ne doivent pas être organisés par secteur – poste, URSSAF, impôts… - mais de manière polyvalente : "C’est dans ce sens qu’il faut aller".
France Bleu