05/12/2009

Blanchiment et Fraude fiscale

les_rencontres_argus09.gifBLANCHIMENT – FRAUDE FISCALE
COMMENT DÉTECTER LES RISQUES ET MIEUX  LES MAÎTRISER

CONFÉRENCE

4 FÉVRIER 2010

PARIS


Corruption, extorsion, terrorisme, font régulièrement la une des journaux. C’est pourquoi, dans le cadre du G20, les politiques ont affirmé vouloir réguler les transactions financières douteuses. 
Au delà de l’actualité, la transposition de la directive de 2005 marque un nouveau palier dans la lutte antiblanchiment. L’ordonnance du 30 janvier 2009 élargit son domaine d’application à tous les acteurs de l’assurance et à tous les délits passibles d’une condamnation d’un an de prison.
Ce qui inclut la fraude fiscale

Plus d'info sur le site du GRASCO

19/11/2009

Transparency International publie son Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2009

 

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Transparency International publie son Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2009. L’IPC évalue la perception, par les milieux d'affaires internationaux, du niveau de corruption affectant les administrations publiques et la classe politique de 180 pays.

Principaux enseignements, la corruption risque de menacer la reprise de l’économie mondiale. Les populations des pays en guerre restent par ailleurs les premières victimes de la corruption.

Comme en 2008, la France obtient un score de 6,9 et arrive au 24ème rang du classement, un résultat qui indique que les institutions publiques françaises continuent de véhiculer une image relativement dégradée.


>> Consulter l’indice et les documents annexes sur le site de TI-France<<

09/11/2009

Colloque Agir contre la corruption

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Plus d'information sur le site du GRASCO

10/12/2007

Lutte contre le blanchiment des capitaux

Rapport de synthèse du Colloque sur la transposition de la 3ème directive blanchiment du 20 novembre au Sénat.

par Chantal CUTAJAR, Directeur du Grasco, Directeur du Master Prévention des fraudes et du Blanchiment, Université Robert Schuman

L’ensemble des professionnels assujettis au dispositif préventif de lutte contre le blanchiment réaffirme leur attachement à la nécessité de lutter efficacement contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme dont il est avéré qu’il déstabilise le secteur privé, porte atteinte à l’intégrité des marchés financiers, entraîne à terme la perte de contrôle de la politique économique et peut avoir des effets sur les monnaies et les taux d’intérêt.

La lutte contre le blanchiment constitue un axe essentiel de la lutte contre les organisations criminelles parce que, sans le blanchiment, elles ne pourraient pas réintroduire dans le système financier les masses considérables de capitaux provenant des trafics d’êtres humains, d’organes, de drogue, de la contrefaçon, de la corruption etc. De fait, sans le blanchiment, les organisations criminelles ne pourraient pas prospérer.

C’est la raison pour laquelle le principe de la directive du 26 octobre 2005 qui fait table rase du dispositif antérieur a été arrêté au lendemain des attentats de Madrid avec l’objectif affiché de « porter un coup » à la criminalité et au terrorisme.

LIRE LE DOCUMENT RAPPORT DE SYNTHESE.doc

22/11/2007

Lutte contre la corruption:l'appel de l'OCDE

Pour le Secrétaire général de l’OCDE, il faut plus de volonté politique pour lutter contre la corruption internationale

« Il reste beaucoup à faire » pour lutter contre la corruption, a affirmé aujourd’hui à Rome le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría, à l’occasion d’une conférence marquant le dixième anniversaire de l’adoption de la Convention anticorruption de l’OCDE.  M. Gurría a cité les nouvelles lois anticorruption, le durcissement des sanctions ainsi que l’amélioration de la coordination et de la coopération internationale parmi les réalisations permises par la Convention depuis dix ans.

Néanmoins, selon lui, « certains pays montrent encore peu d’empressement à mettre en œuvre la Convention. Ils ne mènent presque pas d’enquêtes et aucune affaire n’y a été portée devant les tribunaux. Leur démarche n’est pas volontariste ».« Il faut que cela change » affirme M. Gurría. En l’absence d’initiatives crédibles sur un large front, des pressions s’exerceront sur les gouvernements – même ceux qui obtiennent actuellement de bons résultats – pour que l’on fasse machine arrière. Il y a un risque considérable que des pays en reviennent au « laisser faire » et donc à la corruption. La seule façon de l’empêcher, c’est que tout le monde respecte les mêmes règles. Il faut prendre des mesure concrètes et surtout, il faut de la volonté politique ».

(Voir l’intégralité de l’allocution)

Lors de cette conférence, des ministres et hauts fonctionnaires des 37 Parties à la Convention de l’OCDE sur la lutte contre la corruption d’agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationales ont publié un communiqué réaffirmant leur attachement au combat contre la corruption. On trouvera ici le texte du communiqué.

31/10/2007

L'Europe et le monde face aux défis de la corruption

France 5  a diffusé hier, le mardi 30 octobre  à 20h40, le documentaire "Geraldo : Sont-ils tous corrompus?" de Patrice Barrat et Daniel Rubio (uniquement sur la TNT, l’ADSL, le cable et le satellite ) Cette émission sera rediffusée  le 10-11-07 à 00h58).

Geraldo de Souza, ouvrier chez Ford à Sao Paulo s'intéresse depuis une dizaine d'années aux problèmes de corruption dans son pays et dans le reste du monde. Au cours d'un voyage, qui nous entraîne du Brésil au Burkina Faso, en passant par l’Angleterre et la Roumanie, il interpelle politiciens et présidents, journalistes et activistes, depuis l’ONG Transparency International jusqu’à la Banque Mondiale.

- La corruption est-elle aussi répandue dans les pays développés qu’au Brésil ?
- Quelles sont les punitions encourues pour ce délit dans d’autres pays ? Sont-elles sévères ?
- Ceux qui se font “attraper” doivent-ils rembourser l’intégralité de ce qu’ils ont gagné illégalement ?
- Quelles sont les conséquences de la corruption sur le développement d’un pays ?
- Existe-t-il des manières de stopper la corruption ?

C'est à toutes ces questions que le film tente de répondre. 

 GERALDO : SONT-ILS TOUS CORROMPUS ?

Le réseau international de journalistes et de documentalistes Madmundo se met au service de Geraldo de Souza, citoyen brésilien qui enquête sur la corruption politique dans son pays ainsi que dans les autres démocraties.


Geraldo : sont-ils tous corrompus ?Geraldo Madmundo a pour vocation de créer des communautés de gens autour des grands thèmes d'actualité qui affectent notre vie. Cela fait près de dix ans que Geraldo de Souza, 46 ans, y participe. En 1999, il voulait comprendre comment une crise financière en Asie avait pu conduire à son licenciement au Brésil.

A l'époque, Geraldo, père de famille, était hanté par la pauvreté. Aujourd'hui, cet ouvrier chez Ford à São Paulo, membre du Parti des travailleurs, s'interroge sur la corruption au Brésil, et plus largement dans les démocraties.

Pour lui, l'implication, en 2005, du gouvernement de Lula dans un scandale d'achat de voix de députés de l'opposition - connu sous le nom de Mensalão - demeure une terrible déception. "Lula a été élu et on croyait qu'il allait tout arranger, qu'il y aurait des emplois, des logements, la santé… Mais le président n'avait pas la majorité au Parlement, alors on a été frustrés. Et puis il y a eu toute une suite d'événements, et notamment les scandales de corruption", confie-t-il.

A travers le monde

Pendant près d'un an, le réseau Madmundo a mené l'enquête pour et avec Geraldo, afin de découvrir les différents types de compromissions et de luttes.

Geraldo part à la rencontre des puissants de ce monde ou converse avec eux via une webcam. Son objectif ? Savoir quelles sont les chances d'avoir plus de démocratie et connaître les garde-fous mis en place pour faire reculer la corruption et, par ricochet, l'inégalité.

Geraldo : sont-ils tous corrompus ?Au Brésil, il se rend au Parlement pour s'entretenir avec des élus, puis au ministère de la Justice et à la Cour des comptes.

L'enquête se poursuit au Royaume-Uni, où Tony Blair a dû faire face à un scandale liant corruption et politique, comme en témoigne l'ancienne ministre Clare Short. Ou encore en Roumanie, qui, à la veille de son entrée dans l'Union européenne, a pris le problème à bras-le-corps. Et au Burkina Faso, où un réseau d'associations citoyennes lutte contre ce type d'agissements depuis six ans.

Avec Transparency International ou la Banque mondiale, Geraldo constate comment on peut afficher officiellement l'ambition de mettre un terme à ces liaisons dangereuses.

Enfin, le philosophe français Robert Misrahi, spécialiste de l'éthique, explique le paradoxe, pour une société, du passage de l'injuste vers le juste… (source FRANCE 5)

» Dernières nouvelles des enquêtes…

Geraldo : En qui puis-je avoir confiance ? Corruption et politique.
Robert Misrahi est un spécialiste de l’Ethique et de Spinoza. A ce stade de l’enquête sur Corruption et Politique, Geraldo souhaite entendre un philosophe. Robert Misrahi partage avec lui des années de réflexion…
Vous découvrez maintenant cette enquête madmundo ? Alors pour remonter aux sources et au point de départ,
cliquez ici.
En savoir plus…

LE SITE DE MADMUNDO >>>>>>>

DOCUMENT SUR DpJ, Le Droit pour la Justice >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

LE SITE PERSONNEL DE CHANTAL CUTAJAR >>>>>>>>>>>

TRANSPARENCE INTERNATIONAL FRANCE >>>>>>>>>>

27/09/2007

Pays propres, pays pourris:L'indice 2007 de Transparency International

 Un article du TEMPS, par Ram Etwareea


Transparency International (TI), une ONG qui traque la corruption dans le monde, a publié son rapport annuel mercredi. En dépit de quelques avancées, le fléau reste répandu dans les pays pauvres et les prive d'indispensables ressources financières.

Pour la quatrième année consécutive, la Suisse occupe la septième place dans le hit-parade des pays propres et pays pourris. Elle est néanmoins critiquée dans le rapport en raison de sa place financière, qui accueille les avoirs étrangers obtenus de façon illicite. En bas du classement, les pays ravagés par la violence et autres crises: Somalie, Irak, Afghanistan et Birmanie obtiennent les plus mauvaises notes. TI souligne le lien direct entre la corruption et la pauvreté. Alors que certains pays obtiennent des résultats positifs dans la lutte contre la corruption (Croatie, Costa Rica, Italie, Roumanie), d'autres reculent (Autriche, Jordanie, Maurice).

Le classement de TI se fait selon la perception, par des hommes d'affaires, de la corruption dans les administrations publiques et la classe politique. Il se base également sur 14 enquêtes et sondages réalisés par 12 organismes. L'organisation défend la fiabilité de sa méthode en disant qu'il est difficile de faire mieux, par exemple en comparant les pots-de-vin perçus ou les fonds détournés ou encore le nombre de poursuites judiciaires.
«La corruption comporte une dimension internationale», explique le rapport, qui montre du doigt les pots-de-vin versés par les multinationales pour décrocher des contrats dans les pays pauvres. Ainsi, pour TI, la lutte contre la corruption restera inefficace sans effort conjoint des Etats corrupteurs et des Etats corrompus pour juguler à la fois l'offre et la demande des pots-de-vin. (LE TEMPS)

Transparency International publie son Indice de Perceptions

 de la Corruption (IPC) 2007

 

La persistance de la corruption dans les pays à faible revenu exige une action globale. Seuls des efforts concertés entre pays riches et pays pauvres permettront d’enrayer les flux financiers issus de la corruption et de rendre justice aux plus démunis La note et le classement de la France demeurent stables. L’IPC 2007 ne reflète pas encore les efforts que continue d’accomplir la France pour se conformer à ses engagements internationaux en matière de lutte contre la corruption.

Paris le 26 septembre 2007 – L’écart entre les niveaux de corruption perçus dans les pays riches et dans les pays pauvres est toujours aussi net : c’est ce qui ressort de l’Indice de Perceptions de la Corruption 2007 (IPC) publié aujourd’hui par Transparency International, la coalition mondiale contre la corruption. Les pays développés et les pays en développement doivent se partager les responsabilités pour réduire la corruption en s’attaquant à la fois à l’offre et à la demande de corruption.

« Malgré quelques avancées, la corruption continue de siphonner de manière dramatique les ressources affectées à l’éducation, à la santé et aux infrastructures», estime Huguette Labelle, présidente de Transparency International. « Les pays les plus mal notés en matière de corruption doivent prendre ces résultats avec le plus grand sérieux et agir dès maintenant pour renforcer la responsabilité des institutions publiques. Les pays les mieux classés ont cependant eux aussi un rôle à jouer, en particulier pour sanctionner les activités de corruption dans le secteur privé.»

La note et le classement de la France demeurent stables

L’IPC 2007 confirme que la France continue d’être perçue par les milieux d’affaires internationaux, parmi les pays riches, comme l’un des pays où l’administration et la classe politique demeurent plus perméables qu’ailleurs à la corruption. Malgré un léger recul, la note et le classement de la France demeurent stables par rapport aux résultats de l’IPC 2006 (classement : 19 ème rang en 2007 et 18ème en 2006 - note : 7.3 en 2007contre 7.4 en 2006).

Selon TI (France), l’IPC 2007 ne reflète pas encore les efforts indéniables que continue d’accomplir la France pour se conformer à ses engagements internationaux en matière de lutte contre la corruption. Cela s’explique principalement par le fait que les progrès les plus notables ont en grande partie porté sur la répression de la corruption d’agents publics étrangers par les entreprises françaises, alors que l’IPC publiéaujourd’hui exprime des perceptions sur la corruption dans l’administration et la classe politique en France.

Sur ce second point, TI France relève que l’ « affaire Clearstream » n’a probablement pas contribué à restaurer la réputation de la France ternie par les scandales politico-financiers des années 90.

TI (France) estime que l’image internationale de la France s’améliorera si notre pays met en œuvre certaines réformes indispensables au renforcement de l’intégrité et de la transparence dans sa vie publique:

- donner à la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financements Politiques (CNCCFP) les moyens effectifs de contrôler les comptes des partis politiques ;

- rendre annuelle et étendre la déclaration de patrimoine des élus aux revenus et autres avantages en nature liés à la fonction ;

- porter à 10 ans le plafond de la peine complémentaire d’inéligibilité pour les élus condamnés pour faits de corruption ;

- limiter les immunités des élus ;

- renforcer la prévention de la corruption dans les marchés publics ;

- réformer la procédure du secret défense dans le sens d’un plus grand respect du droit des citoyens à l’information ;

- renforcer l’indépendance des magistrats et les moyens des juridictions spécialisées dans la lutte contre la corruption ;

- favoriser la détection de la corruption en encourageant notamment la mise en place de procédures de déclenchement d’alerte éthique (« whistleblowing ») au sein des entreprises et des administrations et en garantissant la protection des déclencheurs d’alerte.

Selon Daniel Lebègue, président de TI France, « Le projet de loi sur la corruption présenté le 19 septembre dernier par le gouvernement va dans le bon sens. En élargissant le champ de l’infraction d’agents publics étrangers et en autorisant le recours aux moyens d’investigations spéciaux – infiltrations, écoutes, etc. – pour recueillir les preuves de corruption, cette loi devrait contribuer à faciliter le travail des juges. Nous demandons par ailleurs que la possibilité soit donnée aux victimes de la corruption de faire valoir leurs droits à réparation et à indemnisation en saisissant la justice directement ou par l’intermédiaire d’associations agréées. »

Les autres enseignements de l’IPC 2007

L’Indice de perceptions de la corruption 2007 évalue la perception du niveau de corruption dans le secteur public de 180 pays et territoires. Il s’agit du plus grand nombre de pays répertoriés à ce jour dans l’IPC. Cet indice composite est fondé sur 14 enquêtes et sondages différents réalisés par des organismes indépendants. Il classe les pays sur une échelle de 0 (haut degré de corruption perçu) à 10 (faible degré de corruption perçu).

La forte corrélation existant entre corruption et pauvreté reste évidente. 40% des pays dont la note est inférieure à trois – où la corruption est perçue comme endémique – appartiennent selon la Banque mondiale à la catégorie des pays à faible revenu. La Somalie et le Myanmar, pays par ailleurs instables politiquement, obtiennent les notes les plus basses avec 1,4. La note du Danemark est passée à 9,4, à égalité avec les éternels bons élèves que sont la Finlande et la Nouvelle-Zélande.

La corruption : un problème aux racines mondiales

Enjeu aux racines internationales, le combat contre la corruption exige de prendre des mesures sur un front global.

Beaucoup de pays en développement sont incapables d’endosser seuls la responsabilité de mise en œuvre des réformes. Principaux bailleurs de fonds en matière d’aide au développement, les pays riches doivent les y aider en promouvant la responsabilité et l’intégrité institutionnelle dans les pays connaissant une très forte corruption du secteur public. L’indépendance, l’intégrité et la responsabilité de la justice doivent être améliorées pour renforcer la crédibilité des systèmes judiciaires des pays les plus pauvres.

Le recouvrement d’avoirs constitue un point sur les lesquels les pays développés peuvent également agir.

Dans de nombreux cas, l’identification et le recouvrement d’avoirs sont entravés par le blanchiment d’argentvia des banques off-shore installées dans des juridictions où le secret bancaire est la norme. Il s’agit d’améliorer la coopération internationale et l’entraide judiciaire, de mettre en oeuvre des plans d’action pour le recouvrement d’avoirs et de développer l’expertise juridique et technique pour les nations requérant le retour d’avoirs spoliés.

La société civile a également un grand rôle à jouer en matière de contrôle des institutions, de stimulation de la demande de réformes et d’expertise sur les questions techniques. Cependant, comme le souligne Cobus de Swardt, directeur de Transparency International, « force est de constater que de nombreux gouvernements prennent de plus en plus de mesures pour restreindre le champ d’action de la société civile

Les Etats les plus développés – souvent les mieux notés – ont eux aussi de grands progrès à faire. Les pots-de-vin sont principalement versés par des entreprises multinationales dont les sièges sociaux se trouvent dans les pays les plus riches. Les gouvernements de ces pays doivent donc mettre en oeuvre de la manière la plus stricte la Convention de l’OCDE qui vise à lutter contre la corruption des fonctionnaires étrangers. Les conseils d’administration des entreprises transnationales doivent, non seulement introduire des codes efficaces de lutte contre la corruption, mais également les appliquer et veiller à ce qu’ils soient respectés par leurs bureaux à l’étranger et par leurs succursales.

L’action doit enfin porter sur les centres financiers internationaux qui jouent un rôle pivot en permettant aux responsables corrompus de déplacer, de dissimuler et d’investir les fonds illicites. Des mesures contre le blanchiment d’argent doivent être prises par les gouvernements afin d’éradiquer les paradis fiscaux, conformément aux dispositions de la CNUCC.

EN SAVOIR PLUS >>>>>>>>

Contacts TI-France : Daniel Lebègue, Julien Coll Tel : 01 47 58 82 08 / 06 72 07 28 65

transparence@free.fr

Informations complémentaires: Retrouver l’intégralité de l’Indice de Perceptions de la Corruption sur le site de Transparency International :www.transparency.org

 

 

07/06/2007

Pour Eva Joly, "le G8 ne lutte pas vraiment contre la corruption"

"Cette force qui nous manque": VOIR MON COMMENTAIRE SUR MON BLOG POLITIQUE 

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interview à la TRIBUNE

L'ancienne juge d'instruction dont l'enquête a mis à jour le système généralisé de corruption mis en place par l'ancienne compagnie pétrolière Elf vient de publier "La Force qui nous manque" (Edition les Arènes). Dans ce livre qui se veut "un petit traité d'énergie", elle fait alterner souvenirs personnels et réflexions sur une vie passée à combattre la corruption. Dans une longue interview à La Tribune elle dénonce l'hypocrisie du G8 en matière de lutte contre la corruption et le rôle inquiétant des paradis fiscaux en matière d'évasion fiscale

 

 

La Tribune: Que pensez vous de l'engagement du G8 contre la corruption et le blanchiment ?

Eva Joly: Les pays riches sont très forts pour les belles déclarations. Lors du sommet de chefs d'Etat de Saint-Pétersbourg en juillet 2006, le G8 s'est de nouveau engagé à lutter fermement contre la corruption. "Nous, Chefs d'État et de Gouvernement du G8, réaffirmons notre volonté de lutter contre la corruption, notamment au plus haut niveau. (....) Nous réaffirmons notre volonté de poursuivre les actes de corruption et d'empêcher les titulaires d'une charge publique de bénéficier des fruits de leurs activités kleptocratiques dans nos systèmes financiers". J'aurais pu moi-même rédiger cette déclaration. Mais la pratique n'est pas toujours à la hauteur des engagements. Le Premier ministre britannique Tony Blair a ainsi classé au nom de "l'intérêt national" une enquête du Serious Fraud office sur le versement de commissions par British Aerospace (BAE) à des officiels saoudiens dans le cadre de contrats d'armements. La France n'a montré aucun empressement particulier pour aider la justice sud-africaine dans son enquête sur le versement de pots de vins par Thales. L'article 52 de la Convention des Nations-Unies contre la corruption stipule que les Etats ont l'obligation de refuser dans leur système bancaire des fonds de personnes politiquement exposées, aussi longtemps que l'origine licite des fonds n'a pas été établie (1). Mais je n'ai vu aucune institution financière lever spontanément le doigt pour révéler qu'elle détenait les fonds détournés par l'ancien régime malgache, par exemple. Ni personne expliquer comment les présidents congolais Denis Sassou Nguesso et gabonais Omar Bongo ont pu acquérir de somptueuses demeures en France.

L'engagement des pays riches contre la corruption ne serait donc qu'un engagement de façade ?

Il y a une véritable hypocrisie de la part des pays riches en matière de lutte contre la corruption et le blanchiment. C'est indéniable. Mais il existe des outils qui finiront pas avoir des effets bénéfiques comme la convention OCDE contre la corruption qui interdit notamment la corruption de fonctionnaires étrangers pour l'obtention de marché. Certes, peu de poursuites ont été engagées en son nom. Mais c'est le seul forum dans lequel la politique pénale de chaque pays membre de l'OCDE est évaluée par ses pairs. Les faiblesses de chaque Etat peuvent être mises à nu et dénoncées. Le dernier rapport de l'OCDE sur la transposition en droit anglais de la convention contre la corruption pointait déjà du doigt la principale faiblesse du système pénal britannique, notamment la possibilité pour l'exécutif de mettre un terme à une enquête. C'est exactement ce qui s'est passé dans le cadre de BAE. Le fait que ces failles puissent être publiquement dénoncées contraint les pays membres à mettre en oeuvre les correctifs nécessaires sous peine d'être montrés du doigt.

Une plainte pour "recel de détournement de biens publics" a été déposée en France par les associations Sherpa et Survie visant des appartements et des villas acquises par les présidents congolais et gabonais. Que pensez-vous de cette initiative ?

Ce type d'initiative rappelle qu'il y a des victimes des détournements. C'est une voie d'action importante. Il est choquant de voir qu'en France ces détournements s'étalent au grand jour sans que personne ne trouve rien à y redire. Il faut qu'à chaque fois qu'un dictateur acquiert des biens immobiliers sans pouvoir justifier l'origine des fonds, des associations comme Sherpa saisisse la justice. Malgré les engagements pris dans le cadre du G8, de l'Onu ou du Gafi de lutter contre l'argent sale, le monde reste le spectateur passif de détournements colossaux. Lorsque le fils du président équato-guinéen Téodoro Obiang Nguema achète une villa de 35 millions de dollars en Californie ou que le président angolais acquiert des demeures somptueuses au Brésil, il faut que les victimes de ces détournements puissent saisir la justice des pays hôtes.

Dans votre livre, vous écrivez que s'il faut une cible, ce sont les paradis fiscaux. Pourquoi ?

La plupart des décideurs ou des hommes politiques que j'ai pu rencontrer pensent que le problème des paradis fiscaux se résume à celui du blanchiment de l'argent sale et des circuits de corruption. C'est évidemment un problème. Lorsque je parle de transfert de prix ou de "mispricing" à des dirigeants politiques, le regard devient rapidement incertain. Les multinationales maîtrisent parfaitement toutes les possibilités offertes par les paradis fiscaux. Mais je doute que les dirigeants politiques aient pris la mesure de l'étendue du phénomène.

Qu'entendez vous exactement par transfert de prix ?

Il s'agit de minimiser les taxes en jouant sur les prix des biens vendus et achetés. L'acheteur et le vendeur, qui peuvent faire partie du même groupe, se mettent d'accord sur les prix afin de minimiser la fiscalité ou, pire, de détourner la différence sur des comptes off shore. En Norvège, Transocean est accusée d'avoir organisée pour 10 milliards de couronnes d'évasion fiscale. Les avocats de la société parapétrolière plaident qu'il ne s'agit pas d'évasion mais d'optimisation fiscale. La Norvège a les moyens de lutter contre ce genre de pratiques qui assèchent ses recettes fiscales en logeant les profits à l'étranger. Mais cela suppose de déployer des moyens importants. Il faut disposer de contrôleurs fiscaux, de procureurs extrêmement qualifiés.

Mais quelles sont les chances d'un pays comme la Zambie, où le service des impôts se résume à quelques personnes qualifiées, de contrôler correctement le système de prix pratiqués par les compagnies minières qui opèrent dans ce pays riche en cuivre? Ajoutez à cela une pincée de corruption et vous comprenez pourquoi un pays comme la Zambie n'a encaissé en 2006 que 60 millions de dollars de recettes sur 3 milliards de dollars d'exportations de cuivre. C'est un problème fondamental pour les pays en développement. Aider les pays pauvres aujourd'hui, c'est aider un pays comme la Zambie à résister au pillage de ses ressources naturelles en mesurant correctement la production de cuivre et en l'aidant à taxer correctement la compagnie minière qui met en valeur ses ressources naturelles.

Les pays riches ne sont-ils pas confrontés aux mêmes problèmes ?

Un rapport du Congrès américain du sénateur Carl Levin estime que de 40 à 70 milliards de dollars échappent chaque année au Trésor américain en raison des possibilités offertes par les paradis fiscaux. Le poids de l'impôt pèse de plus en plus sur les salariés ordinaires et de moins en moins sur les plus fortunés qui ont les moyens de monter des structures juridiques pour organiser l'évasion fiscale. C'est un problème démocratique. Un Etat ne peut pas vivre sans ressources fiscales. Le problème prend une telle ampleur que nous sommes obligés de réagir si nous ne voulons pas voir notre mode de vie disparaître. C'est désespérant de voir que le G8 n'arrive pas à se mettre d'accord sur un meilleur encadrement des "hedge funds". Ces fonds spéculatifs, souvent domiciliés dans des paradis fiscaux, assurent la moitié des transactions boursières mondiales. Or, ils ne sont soumis à pratiquement aucune obligation réglementaire. Dans la plupart des cas, on peut penser que l'origine des fonds est parfaitement respectable mais certains recyclent évidemment des capitaux d'origine criminelle.

Les paradis fiscaux abritent l'argent de la corruption et notamment des fonds détournés par des régimes indélicats. Comment bloquer l'accès de ces fonds aux paradis fiscaux ?

Il n'y a rien de plus important pour ceux qui souhaitent lutter contre la pauvreté dans le monde que d'assurer la traçabilité des fonds et mettre au ban des nations les territoires non coopératifs. Il faut inverser la charge de la preuve. Il faut considérer que le propriétaire d'un appartement est celui qui l'habite et non pas le trust qui en assure la gestion. Si, sur le papier, le propriétaire de l'appartement est un trust domicilié au Liechtenstein, alors il faut taxer le bénéficiaire de l'appartement. Il faut revenir à la réalité. Ces trusts sont des fictions destinées à masquer le véritable propriétaire des biens ou des fonds. Il faut garder à l'esprit que rien n'est géré dans les paradis fiscaux. Ces sont des paradis artificiels.

Pourquoi le G8 refuse-t-il de s'attaquer aux paradis fiscaux s'ils constituent une menace pour nos sociétés ?

Les paradis fiscaux servent les intérêts du monde industrialisé au détriment des pays en développement et des honnêtes contribuables. Ils servent les intérêts les moins avouables de la France, de la Grande-Bretagne, de la Suisse ou du Liechtenstein. Mais nous sommes à un tournant. Car les pays occidentaux ne sont plus les seuls à utiliser ces structures ou à recourir à la corruption pour faire avancer leurs intérêts dans le monde. Pendant très longtemps, les économistes ont minimisé les effets pervers de la corruption, considérant qu'elle participait à l'accumulation primitive du capital nécessaire à l'éclosion d'un véritable capitalisme. Mais en Afrique, par exemple, ce processus ne fonctionne pas. L'argent de la corruption ne reste pas dans ces pays. De la même manière, la Chine utilise de plus en plus les paradis fiscaux pour ses transactions occultes. Le G8 va être obligé de réagir à un moment ou un autre s'il ne veut pas que les matières premières soient contrôlées par d'autres mécanismes que ceux du marché, de l'offre et de la demande.

Dans l'introduction de votre livre, vous écrivez que jusqu'à 50 ans vous avez "tenu pour sûres la grandeur et la noblesse des institutions. La France m'a dégrisée, dévoilé l'envers du décor". Y a-t-il une spécificité française en matière de corruption ?

La corruption prend des formes différentes d'un pays à l'autre. Mais il est clair qu'en France les coulisses sont très différentes de la surface des choses. C'est très vrai des relations entre la France et l'Afrique. Prenez par exemple la crise du Biafra à la fin des années 1960. La France livrait des armes, via le Gabon, aux rebelles alors qu'un embargo sur les armes avait été décrété. La télévision française aimait alors à montrer les enfants affamés que les militaires français ramenaient par avion pour les soigner sans jamais laisser voir la cargaison de l'aller chargée d'armes. La proximité des élites intellectuelles avec les milieux politiques est également préoccupante. Je trouve choquant le soutien du philosophe Bernard-Henri Lévy à la candidature d'Alain Carignon aux élections législatives. L'ancien maire de Grenoble a été condamné à cinq ans de prison, dont un avec sursis, pour des affaires de corruption ayant autorisé un enrichissement personnel. Lorsque le directeur général de Total, Christophe de Margerie, a été mis en examen pour "corruption d'agents publics étrangers" et "abus de biens sociaux", dans le cadre de l'enquête sur des soupçons de corruption en marge d'un contrat gazier en Iran, certains ont fait remarquer qu'il n'avait fait que travailler dans l'intérêt du groupe.

Que répondez vous à ce type d'argument ?

Il est parfaitement interdit de recourir à des moyens illégaux pour défendre l'intérêt d'une entreprise. Au début des années 90, une société française avait dû rendre des comptes à la justice pour avoir versé des pots de vins afin de minimiser ses impôts. L'avocat de la société avait plaidé, avec succès, que son patron avait agi dans l'intérêt de l'entreprise. Une décision cassée par la Cour de cassation qui a établi, une bonne fois pour toutes, qu'il est interdit de recourir à des moyens illégaux pour défendre les intérêts d'une entreprise. Le refus de la corruption fait partie d'un certain nombre de conventions de vie en commun comme le refus du travail des enfants ou le respect des droits des travailleurs. C'est cet ordre juridique qui fait notre culture, qui fait que nous sommes une civilisation.


(1) Article 52 de la Convention des Nations Unies contre la corruption.
Sans préjudice de l'article 14 de la présente Convention, chaque État partie prend, conformément à son droit interne, "les mesures nécessaires pour que les institutions financières relevant de sa juridiction soient tenues de vérifier l'identité des clients et de prendre des mesures raisonnables pour déterminer l'identité des ayants droit économiques des fonds déposés sur de gros comptes, ainsi que de soumettre à une surveillance accrue les comptes que des personnes qui exercent, ou ont exercé, des fonctions publiques importantes et des membres de leur famille et de leur proche entourage cherchent à ouvrir ou détiennent directement ou cherchent à faire ouvrir ou font détenir par un intermédiaire. Cette surveillance est raisonnablement conçue de façon à détecter les opérations suspectes afin de les signaler aux autorités compétentes et ne devrait pas être interprétée comme un moyen de décourager les institutions financières - ou de leur interdire - d'entretenir des relations d'affaires avec des clients légitimes.


Propos recueillis par Xavier Harel

08/05/2007

Biens mal acquis des dictateurs. Survie porte plainte.


C’est aux côtés de l’association Sherpa et de la Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD) que Survie a porté plainte, le 27 mars dernier, pour « recel de détournement de biens publics et complicité » contre plusieurs Chefs d’Etats africains et leurs familles, propriétaires en France de nombreux biens immobiliers de luxe et détenteurs d’avoirs bancaires auprès de banques françaises et/ou de banques étrangères ayant des activités en France.
Cette plainte vise tout particulièrement Omar Bongo (Gabon) et Denis Sassou N’Guesso (Congo) ainsi que leurs familles.
Elle repose sur un certain nombre d’enquêtes sérieuses qui laissent penser que les biens immobiliers et les avoirs bancaires en France de ces dirigeants ont été acquis grâce au détournement de l’argent public de leur pays, au détriment de leurs populations, exclues de toute redistribution des ressources de l’Etat.
Lire la suite : http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=915

 

06/12/2006

Strasbourg: Réunion plénière du GRECO

« La corruption met en jeu les fondements mêmes de la démocratie »

 « Quand des fonctionnaires, des hommes politiques ou des membres de la magistrature se livrent à des malversations et à des abus de biens sociaux, ce sont les fondements mêmes de la démocratie qui sont en jeu », a déclaré Terry Davis, Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, en s’adressant aujourd’hui à la 31ème réunion plénière du Groupe d’Etats contre la Corruption (GRECO).

A quelques jours de la Journée Internationale contre la Corruption, le Secrétaire Général a soutenu les initiatives du GRECO visant à limiter l’immunité dont bénéficient certaines catégories de responsables publics et/ou de représentants élus. « Traduire en justice les ministres, les députés et les hauts responsables pour enrichissement illicite et autres actes de corruption, comme on l’a vu dans certains de nos Etats membres, ne peut que renforcer la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques et l’Etat de droit. »

Le GRECO a établi des normes élevées pour le suivi des mesures anti-corruption dans une vaste majorité des Etats membres du Conseil de l’Europe. Il devrait continuer à développer ses activités et renforcer sa coopération avec les Nations Unies et l’OCDE », a souligné M. Davis.

Le GRECO accueillera, le 1er février 2007, son 44ème Etat membre, la Fédération de Russie. Les travaux futurs du GRECO porteront sur le financement des partis politiques.

Le discours du Secrétaire Général est disponible dans son intégralité sur www.coe.int.

Pour plus d’informations sur le GRECO, voir www.coe.int/GRECO.

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