02/10/2006

Ma rentrée politique vue par les DNA

medium_chantal.jpgSérénité ? Oui. Bien sûr. J’ai avec moi, la force de mes convictions.

Détermination ? Bien sûr. Je sais ce qui me fait agir. Une autre façon de faire de la politique pour imposer une autre Politique. Pour contribuer à ce « refondement » ou plutôt à cette « Refondation » de la « Démocratie » qui est au cœur du projet « Républicain » de François Bayrou pour le XXI ième siècle, de cette UDF « libre » qui réinvente le Centre, un « centrisme » non « mou », mais « central ».

L’Alsace a une tradition dite « centriste » qui remonte à loin. A cet « humanisme rhénan » qui peut être « central » dans la Renaissance alsacienne, française et  européenne qu’il nous faut. Ce ne sont pas là des mots creux, vides de sens. Ce sont des constats d’avenir à partir du passé. Malraux avait raison : « le patrimoine, c’est la conservation et la révolution, la tradition et l’innovation ». Le respect et la métamorphose.  

Remettre au premier plan de toute action (politique, économique, sociale, culturelle) ce « Principe  d’Humanité » qui a joué un rôle si décisif dans « l’espace rhénan » synonyme d’ouverture est au centre des motivations, des propositions et des actions de « l’UDF  libre » que Bayrou préside et anime. Et dans laquelle je me reconnais pleinement. En juriste qui sait que « le droit n’est pas toujours synonyme de justice ». En universitaire qui mène des actions de terrains. En femme d’actions qui ne confond pas « proximité » et promiscuité. En femme « engagée » qui a de la politique une conception idéaliste et non carriériste. En citoyenne qui sait que selon la formule de Jean Monnet, il faut en tout et pour tout « marier l’idéal et la nécessité »…

Tout doit partir des constats de réalité. Je le sais. « On ne pisse pas contre le vent », disait de Gaulle. « Les faits sont têtus », constatait Lénine.. « Voir la réalité telle qu’elle est et non telle qu’on la souhaite », exhortait Robert Schuman. Mais « ne jamais se résigner à des réalités dérangeantes », comme disait Pierre Pflimlin.

« Toujours regarder vers le haut, vers le mieux, vers le plus »…C’est en cela que le « centrisme »alsacien  est d’abord un idéalisme et un progressisme. C’est ce qui me conforte dans mes choix, personnels et politiques, Strasbourg et l’Alsace comme « terre de vie », comme « patrie », comme « matrice ». Comme terroir de vie  d’avenir choisi et non subi. Comme horizon d’actions et de rêves.

Tout le sens de mon « discours de rentrée politique » (ou plutôt de ce qu’il faut bien appeler ainsi) était là. Merci à Christian Bach des dna, des « Dernières Nouvelles d’Alsace ») de l’avoir bien compris. Je reproduis ici son article publié dans la rubrique « Sur le vif », dans les pages dites « locales »

« Pas un mot sur le « tandem » et la politique municipale. Pas même une allusion aux dissensions au sein de l'UDF strasbourgeoise, où s'opposent les centristes alliés à Fabienne Keller et ceux qui se disent « libres ». Chantal Cutajar a fait sa rentrée politique en toute sérénité et sans esprit polémique, jeudi soir, devant un parterre de quelques dizaines de personnes qui l'ont chaleureusement applaudie.

L'ancienne adjointe au maire, démise de ses fonctions, souvent raillée par ses collègues d'hier au conseil municipal de Strasbourg, ne désarme pas. Elle cite abondamment François Bayrou, développe son discours centriste, « humaniste » et social, plaide pour l'indépendance à l'égard du PS et de l'UMP.

De François Bayrou,  elle attend qu'il fasse d'elle, en octobre, la candidate de l'UDF dans la première circonscription de Strasbourg, aux élections législatives. Elle compte bien tirer son épingle du jeu, d'autant mieux que Robert Grossmann renonce à la partie et que le « tandem » a choisi une candidate encore peu connue, Frédérique Loutrel, pour défendre les couleurs de l'UMP.

Bien isolée au conseil municipal, peu soutenue dans un monde politique qu'elle ne fréquente finalement que depuis quelques années, Chantal Cutajar va disputer aux UDF alliés à Fabienne Keller (Anne Schumann, Laurent Spiero, Frédéric Le Jehan, Harry Lapp...) l'héritage centriste strasbourgeois.

L'enjeu est vital pour elle. Il est de taille aussi pour le maire et le président de la CUS qui feront tout pour conforter leur bloc majoritaire et éviter une dispersion de l'électorat centriste.

Si la rentrée est sereine. Le suite risque fort d'être semée d'embûches de toutes sortes ».Christian Bach

 

 

medium_bayrou_2.jpgJe  le sais plus que toute autre : comment la suite ne serait-elle pas semée d’  « embûches » ? Je commence à avoir (sérieusement) l’expérience des « peaux de bananes » en tous genres.

Mais je sais aussi qu’en Alsace plus qu’ailleurs les convictions et les idéaux peuvent l’emporter sur les vices de l’arrivisme, de l’opportunisme, du carriérisme et des lois implacables du « microcosme » (comme disait Barre)…

 Je n’ai qu’une qualité : celle de la sincérité de mes engagements. Et de celle de la fidélité à mes idéaux…Je ne dispute à personne « l’héritage centriste strasbourgeois ».

J’essaie de m’en montrer digne, vraiment et sincèrement. Et ce n’est pas rien. Ce n’est pas un hasard si Bayrou à travaillé avec Pierre Pflimlin… L’imposture est détestable en tout, surtout en politique…Je reste sereine et déterminée, malgré les imposteurs…Sans doute parce que j’ai une foi peu commune en la nature humaine, sans naïveté, mais avec générosité.

 

15/05/2006

FRANCOIS BAYROU VOTERA LA MOTION DE CENSURE

François Bayrou au journal de 20h00 de TF1
« J’ai décidé de voter la motion de censure »

Convaincu que la rivalité haineuse entre les principaux responsables de l’Etat ne peut durer encore un an, François Bayrou a annoncé qu’il votera la motion de censure contre le gouvernement. Avec cette crise au sommet de l’Etat, c’est pour le député, la République et une certaine morale civique qui sont en jeu. Il existe, selon lui, « un risque de glissement de la France dans un gouffre dont elle ne sortira pas ». Le président de l’UDF a expliqué que seuls, le président de la République et l’Assemblée nationale peuvent mettre fin à cet effondrement de l’Etat : « ce sont les députés qui peuvent en leur âme et conscience, personnellement, sans avoir à obéir à aucun ordre, interrompre cette déliquescence. C’est leur responsabilité ». Cet « acte d’opposant au déclin de la France » dépasse, selon lui, les camps. D‘ailleurs, « quand viendra le moment de reconstruire moralement la France, ce ne sera plus une question de gauche ou de droite, on aura besoin de tout le monde » a affirmé le président de l’UDF. François Bayrou est également convaincu que tous les Français, qu’ils soient de gauche, du centre ou de droite, veulent que cette déchéance cesse : l’indignation et la peine qu’il ressentent, « ce n’est pas un désespoir d’un camp contre l’autre », les Français ont aujourd’hui honte de l’image que la France donne à l’étranger. (14/05/06) http://www.udf.org/index.html

 

13/04/2005

L'initiative d'Offenbourg dans "Vivre à l'étranger"

LU dans le magazine "Vivre à l'étranger"

"La démocratie européenne (re)prend vie sur le Net

Alors qu’en France l’opposition entre partisans du « oui » et du « non » au projet de constitution européenne ressemble de plus en plus à s’y méprendre à un film de série B où la qualité des dialogues est
des plus douteuses et où la démarche dogmatique prend chaque jour un peu plus le pas sur une analyse pertinente du texte – l’Europe est soit béatement adulée soit absurdement accusée de tous les maux –, Chantal
Cutajar, maître de conférence en droit à l’Université Robert Schuman de Strasbourg, directrice du groupe de recherches approfondies sur la criminalité organisée (GRASCO) et chroniqueuse sur Europeus.org, fait
pour sa part le choix de prendre le texte à la lettre. Et l'article I-47-4 en particulier, disposant qu’ « un million de citoyens, au moins, ressortissants d’un nombre significatif d’États membres, peuvent prendre l’initiative d’inviter la Commission (…) à soumettre une proposition appropriée sur des questions pour lesquelles ces citoyens
considèrent qu’un acte juridique de l’Union est nécessaire aux fins de l’application de la Constitution ».
Résultat : un appel, celui d’Offenbourg (Allemagne) et une pétition citoyenne en douze points.
« Pour une Europe politique de la liberté, de la sécurité, et de la justice », appelant notamment à la construction d’un véritable « espace judiciaire européen associant étroitement les professionnels et les
justiciables », la mise en place d’une « politique pénale cohérente afin de garantir les droits des victimes et de la défense » ; « l’institution d’un parquet européen compétent pour poursuivre efficacement les auteurs de crimes européens » ; « la garantie du respect des droits fondamentaux par la création d’un juge des libertés
aux côtés du parquet européen » ; la définition d’une « politique d’immigration cohérente permettant de développer des voies légales de migration et de réduire ainsi les incitations à l’immigration illégale ». Certes, le pari est loin d’être gagné. Un million de signatures peut paraître hors d’atteinte. « Peut-être, mais il ne faut
pas oublier que la population européenne s’élève à 455 millions d’habitants. Le ratio n’est donc pas inatteignable », nuance Chantal
Cutajar. D’autant plus qu’Internet permet de tisser des liens et des réseaux insoupçonnés. Philippe Pinault, directeur associé de la plate-forme Blogspirit.com n’en doute pas. Sa société, basée à Paris et
qui s’affirme désormais comme l’un des plus redoutables concurrents du géant américain Typad, n’a d’ailleurs pas manqué de s’associer à l'’opération en en développant la partie technique.
Tout juste lancée, la pétition recueille déjà des signatures de citoyens ordinaires mais aussi de « people » comme le juge Costa de la Cour européenne des droits de l’homme, Troy Davis, fils de Gary, initiateur de la fondation
Citoyens du monde, ou Daniel Riot, directeur de la rédaction européenne de France 3. Aucun d’eux ne sait à ce jour jusqu’où s’étendra le mouvement. Mais tous ont en commun une certitude : cette initiative
marquera indéniablement un tournant essentiel dans l’histoire démocratique de l’Union.
Car, qu’elle réussisse ou non à rassembler un million de signataires, elle a déjà gagné son premier objectif :
montrer qu’aux débats stériles et à la vindicte primaire peut-être substituée une stratégie bien plus constructive. Celle de se mobiliser pour peser directement, en tant que citoyen, sur le champ législatif
communautaire et l’avenir de l’Union."

L'iniative citoyenne pour la Justice dans les DNA

Dans les Dernières Nouvelles d'Alsce de ce jour, un article de Christion Bach sur la "Pétition pour un « espace judiciaire européen »"
"Le droit d'initiative avant l'heure

Donner corps et sens à un article du Traité constitutionnel avant même son adoption, c'est le pari que fait la juriste strasbourgeoise Chantal Cutajar qui lance une « initiative citoyenne pour une Europe de la justice ».


Tout commence au Forum citoyen pour l'Eurodistrict, le 9 mars à Offenbourg, en présence d'élus allemands « de toutes les sensibilités », de la députée européenne socialiste française Catherine Trautmann et de Chantal Cutajar. La juriste, qui fut un temps numéro trois de la municipalité strasbourgeoise, s'affiche alors en européenne « enthousiaste, mais réaliste » et pour illustrer son propos fait une proposition concrète : permettre aux citoyens européens d'exercer avant l'heure leur « droit d'initiative ».


« Un million au moins »


Ce « droit d'initiative , inscrit dans la Constitution, permet aux citoyens, s'ils sont « au nombre d'un million au moins, ressortissants d'un nombre significatif d'États membres » d'inviter la Commission à proposer une loi sur un sujet donné (voir notre encadré).
Avec ce que quelques initiés ont appelé depuis « l'appel d'Offenbourg », Chantal Cutajar propose tout simplement de lancer une pétition et de faire exister de manière accessible à tous un article de la future Constitution européenne. Une idée simple, didactique.
Sur un thème tout désigné pour une spécialiste du droit pénal, l'initiative citoyenne lancée par Chantal Cutajar et relayée aujourd'hui par l'association qu'elle préside, « Le Droit pour la Justice » (DPJ), porte sur la création d'un « espace judiciaire européen ». Son appel prolonge celui lancé par des magistrats à Genève il y a quelques années.


12 propositions


Les 12 articles de la pétition proposent, entre autres, la mise en place d'un parquet européen, la création d'un corps de sécurité civile européen « capable de se projeter à tout moment sur le lieu d'une catastrophe naturelle, chimique ou technologique », la définition d'une politique de l'immigration « cohérente » et « commune » au frontières de l'Europe, la création d'un corps de gardes-frontières européens.
Le côté « expérimental » de cette initiative permet de fédérer des citoyens autour des enjeux européens, alors que le débat sur la Constitution fait rage. C'est aussi une manière de procéder à une double démonstration : « L'Europe de la justice, qui est encore à construire, a besoin de cette Constitution. Et il y a dans ce traité les éléments d'une véritable révolution pour la justice et l'initiative citoyenne », argumente Chantal Cutajar.
De là à dire que cette pétition fait campagne pour le oui au référendum... « Quoiqu'il advienne notre action se poursuivra. Cette initiative survivra au non, s'il devait l'emporter ». La commission, les parlementaires européens, les chefs de gouvernement, les parlementaires nationaux seront saisis de cette démarche, chacun pour ce qui le concerne.
Reste d'ici là à rassembler les signatures. Quelques centaines pour l'instant. Le million est encore loin.

Christian Bach"

www.petition-europe-justice.com.
Pour en savoir plus sur l'association : ledroitpourlajustice.blogspirit.com

L'Europe contre le crime: Une Tribune dans METRO

Le journal METRO a diffusé dans toutes ses éditions nationales une tribune libre. Je remercie les responsables de sa rédaction: les messages en faveur d'une Europe de la justice , de la sécurité et de la liberté ne valent que s'ils sont relayés. Au-delà des problèmes techniques, des questions juridiques et des hésitations politiques, c'est la vie quotidienne des Européens et de nos enfants qui est en jeu. Je reprends ici ce texte qui n'a qu'une prétention:renforcer les prises de consciences en faveur d'institutions suceptibles d'endiguer le flux des valeurs marchandes et de trouver des réponses plus efficaces aux défis que posent l'économie criminelle, les trafics en tous genres et l'abscence d'un espace pénal européen. Dans ce domaine plus que dans d'autres, la seule coopération ne suffit pas.

Un million de signatures contre l’Europe du crime
Justice, sécurité, liberté … L’un des enjeux les plus importants du referendum du 29 mai se situe là, dans ces domaines qui concernent directement et concrètement la vie des Européens :l’Europe se donnera-t-elle les moyens de relever les défis des terrorismes internationaux, des trafics illicites en tous genres, des économies criminelles ? La Constitution peut permettre d’ouvrir le chantier de « l’Europe de la justice », de cet « espace judiciaire » promis dans les discours depuis des années mais impossible à réaliser dans le cadre actuel qui impose l’unanimité des 25 pays membres.
Il y a urgence. L’Europe est au cœur des circuits de l’économie criminelle qui selon les meilleures expertises se chiffre à quelques 1000 Milliards de dollars par an, soit 15% du commerce mondial. De l’argent sale qui est blanchit. Des ressources illicites qui sont légalisées en toute impunité. Parce que l’Internationale des réseaux du grand banditisme souterrain sait mieux utiliser les nouvelles technologies, les circuits géo-financiers de l’économie-casino, et les faiblesses de nos démocraties que ceux qui sont chargés de les combattre.
Le 9 mai 1950, en lançant la première Communauté européenne, Robert Schuman faisait ce terrible constat : « L’Europe n’a pas été faite et nous avons eu la guerre ». Demain, si rien n’est fait rapidement, nous devrons dire : « Nous n’avons pas fait l’Europe de la Justice, nous avons l’Europe du crime », donc des injustices.
C’est parce que l’Europe aborde un tournant décisif que j’ai lancé à Offenbourg, en Allemagne, sur les bords du Rhin, un appel qui vise à une mobilisation citoyenne pour que les outils offerts par le projet de Constitution pour l’Union européenne soient utilisés rapidement d’une façon optimale.
C’est l’occasion d’expérimenter, en grandeur nature, le droit d’initiative citoyenne prévu dans la constitution : un million de signatures pour exiger que des mesures soient prises à tous les niveaux. Un site a été ouvert : http://www.petition-europe-justice.com. Une documentation complète est disponible sur internet : http://ledroitpourlajustice.blogspirit.com .
L’Europe de la justice ne s’impose pas que face aux terrorismes et aux économies souterraines : elle s’impose aussi face au règne des valeurs marchandes qui déshumanisent l’humanité, qui faussent la « l’économie sociale de marché », qui hypothèquent la croissance donc les redistributions et les protections sociales, qui empêchent l’avènement d’une « société de bien-être », qui minent nos démocraties et qui écrasent les valeurs porteuses du « principe d’humanité »
L’Europe sera ce que nous, femmes et hommes d’Europe en ferons. En signant cette initiative, nous affirmons notre volonté d’être des acteurs de la construction de l’Europe autour d’un projet qui transcende les clivages politiciens. Pour que le futur ait un avenir.

Chantal CUTAJAR.
Chantal Cutajar est Maître de Conférence à l’Université Robert Schuman. Spécialiste de la lutte contre le blanchiment de l’argent sale, elle est Présidente de l’association « Le Droit pour la Justice »
PS:La publication de cette Tribune s'inscrit dans le cadre d'un partenariat que METRO a conclu avec www.europeus.org. Merci à Christophe, à Daniel et à Philippe d'animer et de coordonner ce site qui est de plus en visité et qui compte des contributeurs d'une qualité de plus en plus reconnue et d'une diversité sans équivalent.

24/12/2004

Un cours de droit au camp du Struthof

Sensibiliser et responsabiliser les jeunes

Chantai Cutajar: «Le devoir de mémoire est
particulièrement essentiel en droit »


(article de Jean Pierre Bouteller, paru dans les DNA du 15 décembre 2004)


• • • Un cours de droit pénal spécial portant sur la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations a été délocalisé hier à Schirmeck et au Struthof.
Chantai Cutajar, maître de conférences à la Faculté de droit de Strasbourg, spécialiste du droit pénal, a mis sur pied une journée, organisée en partenariat avec le Mémorial de l'Alsace-Moselle, le Conseil régional d'Alsace et la mairie de Schirmeck.


Environ 320 étudiants de maîtrise et de DEA Sciences criminelles de la faculté de droit et des élèves du lycée professionnel de Schirmeck y ont participé. Les étudiants étaient déjà allés au début de ce mois à la rencontre des lycéens de Pasteur à Strasbourg à trois reprises et de ceux de Marc-Bloch à Bis-chheim.

La démarche de Chantai Cutajar. qui a donné un cours sur la contestation des crimes contre l'humanité après des exposés introductifs d'étudiants, était la suivante: «Cette initiative est prise en réaction aux actes et propos de caractère raciste qui se multiplient et aux. prises de positions négationnistes qui sont le déshonneur de l'université et exigent lies réponses concrètes. Le devoir de mémoire est particulièrement essentiel en droit. Aussi devons-nous associer les vertus de ce dernier et celles de la pédagogie. C'est pourquoi nous avons délocalisé à Schirmeck et au camp du Struthof. sur l'un des lieux qu'aucun négatiormisme ne peut gommer, un cours de droit pénal spécial portant sur la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations.

Vigilance


Des thèses universitaires révisionnistes remettant en cause l'existence des chambres à gaz et relativisant l'ampleur de la Shoa sont soutenues. Ces actions dictées par la haine menacent les valeurs d'humanisme et de tolérance que nous avons en partage et qui fondent nos démocraties. Leur fragilité commande une attention de tous et de chaque instant. Il appartient à quiconque, à la place qui est la sienne, de protéger ces valeurs et de les transmettre pour que demain ne soit pas le théâtre des atrocités perpétrées hier. Refuser la réalité du génocide, c'est pervertir les esprits et se rendre complice de la falsification de l'histoire. »

Quant au témoignage de Mathilde Brini, déportée à Ravensbruck. il été particulièrement émouvant et sa conclusion a retenti comme un avertissement: «Cette chose affreuse s'est produite et ce ne fut pas un cas unique. Réfléchissez pour savoir comment c'est arrivé et comment cela peut encore arriver. Soyez vigilants!»

L'objectif de cette journée, passée à l'ombre du Struthof, camp qui fut longuement visité ensuite, était donc de sensibiliser et de responsabiliser les jeunes.

C’est une nécessité quand on sait que l'année en cours est caractérisée en Alsace par la profanation de plusieurs centaines de tombes juives, musulmanes ou chrétiennes à Riedisheim. Cronenbourg, Herrlisheim, Niederhaslach, Haguenau. Saverne. Wolfi-sheim ou Brumath.

Au quotidien


De son côté, Pascal Schultz. procureur de la République près le tribunal de grande instance de Colmar. a détaillé la politique pénale et l'arsenal répressif: «Nous devons lutter au quotidien avec la plus grande fermeté contre ces actes intolérables qui portent atteinte aux principes républicains et à la liberté. Depuis le l" mai, 33 dossiers, dégradations, inscriptions, injures, me sont parvenus. Il faut s'élever contre la banalisation de tels actes. Tous les faits doivent être signalés. C'est à ce prix que nous pourrons interpeller leurs auteurs. Nous travaillons d'ailleurs à ta constitution d'un fichier. N'oublions pas cependant que la justice ne représente qu'un des éléments du combat à mener.»

La paix sociale résidant en l'acceptation du pluralisme,la lutte ne se résume pas au
droit, elle dépend aussi de la conscience citoyenne. Une démarche qui trouve tout son sens à l'école de la République. Le malaise est là, mais chacun à un rôle àjouer. J.-P. B.

22/12/2004

Lutte contre les racismes

17/12/2004
Lutte contre l'antisémitisme et les racismes
L’excellence de la
« Réponse Cutajar »
(sur le Blog-notes de Daniel RIOT)

Chantal Cutajar a eu l’excellente idée de répliquer aux propos de Gollnish et autres universitaires « négationnistes », aux poussées de l’antisémitisme et de toutes les formes de racisme , à la monte des intolérances en « délocalisant » des cours de droit au Struthof, ce camp de la Honte en terre française.(ma note du 1/12/04 ).

Son pari a été gagné. Il doit trouver des prolongements, en Alsace et ailleurs. « Cette expérience ne vaut que si elle est prolongée et imitée par d’autres, sous des formes semblables ou nouvelles », dit-elle avec la lucidité de celles et ceux qui savent que le « combat » à mener contre les intolérances et contre la « culture de l’Autre érigée en négation de l’Autre » est à mener en permanence, à tous les niveaux.

Le Conseil régional d’Alsace, le Rectorat, l’association du Mémorial d’Alsace-Lorraine ont soutenu l’initiative de cette maître de conférence de l’université Schuman qui sait ce qu’engagement citoyen veut dire.

350 étudiants et des lycéens ont pu ainsi , sur le terrain de l’Horreur, prendre davantage conscience que le « devoir de Mémoire » n’est pas qu’un regard dans le rétroviseur du passé mais un acte de vigilance pour le présent et pour l’avenir. Et que le droit est une discipline particulièrement concernée par les dérives de barbaries qui font éclater un « Vivre ensemble » fondé sur l’égale dignité des personnes.

La presse a couvert l’événement avec une empathie justifiée (France 3, TF1, des radios, l’ouverture des pages régionales des DNA, de nombreux échos sur le web). D’autres professeurs réfléchissent à des adaptations de leurs cours dans le même esprit que « la réponse Cutajar » à l’antisémitisme et aux racismes ?

Avec le soutien du Rectorat, une association régionale à vocation nationale voire européenne « enseignants-étudiants », à base juridique mais ouverte à d’autres spécialités (histoire, philosophie, sciences politiques…) va se constituer. « Le Droit au service des droits » (titre provisoire) servira d’un cadre de réflexions et d’actions sur l’éthique du droit (et le droit de l’éthique), sur les dérives passées, actuelles et toujours possibles du droit, du juridisme et du légalisme, sur des concepts tels que « le devoir de mémoire », « l’état de droit », « le droit au…dernier mot », « qu’est-ce qu’une conscience citoyenne ?» …

Chantal Cutajar est adjoint au maire de Strasbourg,juge de proximité, spécialiste de la lute contre le blanchiment des profits illicites :Elle a d’ailleurs crée un DEA sur ce thème à l’Université Robert Schuman.



00:50 Publié dans Initiatives | Lien permanent

Commentaires
Voilà le genre d'initiative qui sauve l'honneur de l'Unversité. Une université qui comme tous les grands corps de la nation a tendance à oublier qu'elle a une mission civique à remplir... Et qui oublie que face à la montée du nazisme, déjà, elle avait joué la grande muette. Le Droit au service des droits:le sens du mot "devoir" serait mieux percu si le droit était effectivement une garantie de justice et de rpotection des droits proclamés. Mais le droit est enseigné au mieux comme une technique au pire comme une série de recettes pour contourner les lois. Qui réfléchit effectivement à sa légitimité et à sa finalité? Mme Cutajar a beaucoup de mérite...Je lui souhaite bien du courage. Quad compredra-tton que la défiance envers les politiques vient en partie de juristes e de législateurs qui nous fon sombrer dans un juridisme qui oublie ques les hommes ne sont pas que des dossiers numérotés....

Ecrit par : Marie-Thérèse | 18/12/2004

Oi, c'est une excellente initiative. le droit dvrait nous protéger. Mais on oublie que le nazisme estarrivé légalement au pouvoir...La luttecontre les racismes et l'antisémitisme est un combat sans fin. Avez-vous vu le dernier "envoyé spécial". un néo-nazi de l'ex-Allemagne de l'Est disait en parlant des "camps"et de "l'antisémtsime ancestral qui n'est pas qu'hitlérien":"pourquoi c'est commeçà? Les juifs le savent bien..."Vieux problème de la liberté des ennemis de la liberté. Bone chance Madame Cutajar.Moi, je désespère un peu de l'humanité.

Ecrit par : julien | 18/12/2004

Merci à Marie-thérèse et à Julien pour leurs encouragements que je transmets à Chantal Cutajar. Pourquoi Julien désespérez-vous un peu de l'humanité? Nous ne sommes "ni ange ni bête". Il est vrai que prendre "conscience que le Monstre est en nous", en chacun de Nous n'a rien d'évident. Or tout part de là. Il est vrai aussi que le fait d'accepter que le "rejet de l'Autre", du différent ou du trop semblable, est d'abord un rejet de soi n'a rien de naturel. Il est vrai encore que la connerie plus que le bon sens de l'oprimiste Descartes est la "chose du monde la mieux partagée"...Mais la vie est belle, non? Et notre perfectibilité personnelle et collective n'est pas une invention. ce que j'apprécie le plus dans la démarche de Chantal Cutajar c'est le courage qu'elle a de réfléchir à la nature et à la portée de ses propres fonctions (universitaires, politiques, citoyennes) et au sens qu'elle donne à ses engagements. Loin de toute moraline, elle donne aux mots "éthique" et "droit" un sens et une valeur qu'elle essaie de faire partager. Le "ré-enchantement" de la politique passe par ds personnalités de sa force et de sa richesse. Mais j'arrête là: elle va rougir si elle lit ce que j'écris sur elle. Car, en plus, elle a la vraie modestie des gens généreux potés par l plus belle des ambitions:donner du sens à l'existence. Comme disait Bernanos:"les seules mains de dieu ce sont les nôtres". La phrase reste juste même si le mot dieu prend le sens que lui donne les... athés et des sceptiques

Ecrit par : Daniel Riot | 19/12/2004

Revue de presse : Contre le révisionnisme

Un cours de droit décentralisé à Schirmeck
(dans les DNA du 2/12:04)
Pour prévenir le racisme, l'antisémitisme et les discriminations, dans le cadre de l'enseignement du droit pénal spécial qu'elle dispense en maîtrise de droit à la faculté de droit, de sciences politiques et de gestion de l'Université Robert-Schuman, Chantal Cutajar a décidé de délocaliser un cours de droit pénal à la salle des fêtes de Schirmeck, une ville chargée d'histoire. Celui-ci aura lieu le 14 décembre prochain de 9 à 13 h. Les étudiants se rendront ensuite au Struthof. En partenariat avec le Mémorial de l'Alsace-Moselle, la mairie de Schirmeck et le conseil régional d'Alsace, elle lance une action pédagogique université-lycée.
Dans ce cadre, des étudiants de la faculté de droit interviennent dans les lycées de Strasbourg (Pasteur et Marc-Bloch) pour échanger leurs réflexions avec les élèves sur le thème de la politique pénale de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations.
« Des thèses universitaires révisionnistes remettant en cause l'existence des chambres à gaz et relativisant l'ampleur de la Shoah sont soutenues, explique Chantal Cutajar. Ces actions dictées par la haine et le racisme menacent les valeurs d'humanisme, de respect et de tolérance que nous avons en partage et qui fondent nos démocraties. »

Revue de presse: ethic

L'engagement Ethic
(publié dans les DNA du 14/12/04)

Sensibiliser les élèves aux questions de racisme et d'antisémitisme : tel est le projet de l'association Ethic, née au mois d'août dernier. L'initiative, mise en oeuvre par Claudie Sabbah-Lissek, fait suite à la vague de profanations qui ont marqué l'Alsace ces derniers mois.



En réaction aux multiples profanations survenues ces derniers mois et visant en particulier des cimetières juifs, musulmans et chrétiens, la Région et le rectorat programment un Mois de l'Autre dans les écoles pour mars 2005 (DNA du 24 novembre).


Sur les bancs
de l'école


Autre initiative : Chantal Cutajar, enseignante en droit pénal, est intervenue dans des lycées avec ses étudiants de maîtrise pour informer sur les procédures pénales en matière de racisme, d'antisémitisme et de discriminations (DNA du 5 décembre).
Dans un même esprit, l'association Ethic - Education, transmission, histoire, information, cultures et citoyennetés - a vu le jour au mois d'août dernier. « Dans le cadre de l'éducation et le plus tôt possible, sur les bancs de l'école, on peut apprendre à s'enrichir de la différence », défend Claudie Sabbah-Lissek, présidente d'Ethic.
A 54 ans, cette spécialiste de la petite enfance, éducatrice et psychologue de formation, a foi elle aussi dans les vertus de la pédagogie. L'association, oecuménique, compte 25 adhérents pour le moment et a obtenu un partenariat de principe avec les différentes instances religieuses d'Alsace. Un retour est également attendu des collectivités territoriales pour d'éventuelles subventions.
Claudie Sabbah-Lissek, productrice et animatrice de deux émissions sur radio Judaïca, « Shoah, histoire, mémoire et transmission » ainsi que « Le souffle au coeur », s'investit bénévolement dans la jeune association.
Le pourquoi d'Ethic, se souvient-elle, il faut d'abord le chercher en janvier 2003, « ce jour où je me suis rendue à Auschwitz-Birkenau avec des lycéens strasbourgeois. C'était la première fois. Le silence qui y régnait a été pour moi la révélation de ce que devait être ma mission. »
L'une des premières manifestations de l'association fut la rencontre entre des élèves du lycée Ort et l'auteur Philippe Grimbert, lauréat du Goncourt des lycéens 2004 pour Un secret.


Théâtre et cinéma


Claudie Sabbah-Lissek exprime le souhait de toucher davantage d'établissements, et ce dans toute l'Alsace. « Nous voulons proposer des partenariats aux équipes pédagogiques, non pour nous substituer à elles mais pour offrir des activités complémentaires aux élèves », explique-t-elle.
La projection d'un film, La petite prairie aux bouleaux, de Marceline Lori-Ivens, en partenariat avec l'Odyssée, lors de la 7e semaine du documentaire, avait été l'occasion d'une séance pour les scolaires. De même, Ethic propose aux établissements une pièce de théâtre Le journal d'Anne Frank. La présidente de l'association espère que de nombreuses classes assisteront aux représentations prévues en mars 2005, au lycée Sainte-Clotilde, pendant le Mois de l'Autre.






revue de presse: droit et médecine

Un amendement mort-né
(publié dans les DNA

La faculté de droit, de sciences politiques et de gestion de Strasbourg (Chantal Cutajar, maître de conférences), la faculté de médecine de Strasbourg (Bertrand Ludes, doyen), l'Ordre des avocats de Strasbourg (Me Jean-Jacques Forrer, bâtonnier) et l'Union régionale des médecins libéraux d'Alsace (Dr Alain Lion, président) ont décidé de mettre en commun leurs savoirs et savoir- faire dans le cadre d'un cycle de conférences consacrées à des problématiques juridiques médicales qui se posent au médecin praticien et à l'avocat amenés à intervenir soit dans le cadre de leur devoir de conseil et d'information soit dans celui d'une procédure judiciaire.
Il peut arriver que des conflits ou des dysfonctionnements apparaissent et révèlent l'inadaptation des dispositifs légaux. Il se pose alors la question de l'inadaptation du droit, de la méthode et des objectifs des propositions qui peuvent être formulées de façon pluridisciplinaire.
La séance inaugurale (ouverte à tout public, entrée libre) de ce cycle aura lieu le mardi 16 décembre à 18h, amphi 2 de la faculté de droit, 1 place d'Athènes à Strasbourg. Elle concernera l'amendement Garraud relatif à l'interruption involontaire de grossesse et sera intitulée : « Un amendement mort-né : bilan et enjeux d'une polémique. » Interviendront notamment : Israël Nisand, professeur à la faculté de médecine, Chantal Cutajar, Jean-Jacques Forrer et Ludmilla Hug-Kalinkova, présidente honoraire de l'Union régionale des médecins libéraux d'Alsace.
Les thèmes des conférences retenus pour l'année 2004 sont : le risque médical (février), l'accès au dossier médical (avril), l'expertise médicale (juin), l'assurance du risque médical (septembre) et le procès en matière médicale (novembre).

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