30/03/2009

Droit du blanchiment : Une ordonnance nécessaire mais à parfaire

Phénomènes transnationaux par essence, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme ne peuvent être combattus qu’au moyen de politiques élaborées à l’échelle supranationale.

C’est ainsi que le GAFI, Groupe d’action financière, organisme intergouvernemental, s’est vu confiée la mission de concevoir et de promouvoir des politiques de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme aussi bien à l'échelon national qu'international.

En 1990, le GAFI a élaboré une série de recommandations révisées en 1996 et en 2003. L’union européenne, membre du GAFI a décidé, pour intégrer les dernières modifications substantielles,  de faire table rase du dispositif antérieur issu de la directive du 10 juin 1991[1], modifiée par celle du 4 décembre 2001[2] et de la remplacer par deux directives, du 26 octobre 2005, dite « 3ème directive »[3] et du 1er août 2006 portant mesures de mise en œuvre[4].

Ces deux textes constituent désormais, pour les Etats membres de l’Union européenne, le corpus juridique du nouveau droit du blanchiment et du financement du terrorisme. Ils devaient être transposées dans les législations internes au plus tard le 15 décembre 2007. Mais, ne voyant rien venir, le 5 juin 2008, la Commission européenne adressait un avis motivé à la France et à 13 autres Etats membres, les mettant en demeure de s’expliquer sur les raisons du défaut de transposition des directives[5].  

Pour échapper à la procédure en manquement qui aurait été particulièrement dommageable à la veille de l’évaluation par le GAFI du dispositif français de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, prévue pour la fin de l’année 2009, le gouvernement décidait d’introduire l’amendement n° 517, devenu l'article 152, 4° de la loi du 4 août 2008 de modernisation de l'économie[6], l’habilitant à prendre par ordonnance, dans un délai de six mois à compter de sa publication, des mesures adaptant la législation au droit communautaire[7].

L’ordonnance du 30 janvier 2009[8] était très attendue des milieux professionnels mais également des autorités de contrôle parce qu’elle était l’occasion de rendre le dispositif préventif plus lisible, plus sécure et partant, plus efficace[9].

Sur la forme, le nouveau dispositif est incontestablement plus lisible. L’ordonnance refond totalement le titre VI du Livre V du Code monétaire et financier « Obligations relatives à la lutte contre le blanchiment des capitaux, le financement des activités terroristes et les loteries, jeux et paris prohibés » dans le but affiché de lui redonner une cohérence globale. Il comporte désormais trois chapitres consacrés le premier  aux « Obligations relatives à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme »[10], le second aux « Obligations relatives au gel des avoirs »[11] et le troisième aux « Obligations relatives à la lutte contre les loteries, jeux et paris prohibés »[12]. Sur le fond, le législateur n’a que partiellement répondu aux attentes légitimes des personnes assujetties au dispositif (I) laissant subsister d’importantes zones d’incertitude (II). 

Lire la suite Revue Dalloz 2009 p. 821



[1] Directive 91/308/CEE du Conseil, du 10 juin 1991, relative à la prévention de l'utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux

[2] Directive 2001/97/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 décembre 2001

[3] Directive 2005/60/CE du Parlement européen et du Conseil du 26 octobre 2005 relative à la prévention de l’utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme, J.P n° L 309 du 25/11/2005 p. 0015 - 0036

[4] Directive 2006/70/CE de la Commission portant mesures de mise en œuvre de la directive 2005/60/CE du Parlement européen et du Conseil pour ce qui concerne la définition des «personnes politiquement exposées» et les conditions techniques de lapplication dobligations simplifiées de vigilance à l'égard de la clientèle ainsi que de l'exemption au motif dune activité financière exercée à titre occasionnel ou à une échelle très limitée

[5] Cet avis notifiait le point de départ d’une action en manquement sur le fondement de l’article 226 du Traité instituant la Communauté européenne.

[6] Loi n° 2008-776

[7] L’habilitation permet également de prendre des mesures pour rendre plus efficace la législation relative à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, ainsi que des dispositions pour faciliter la mise en œuvre des mesures de gel des avoirs non terroristes décidées en application des résolutions adoptées dans le cadre du chapitre VII de la Charte des Nations unies ou des actes pris en application de l'article 15 du traité sur l'Union européenne.

[8] Ordonnance n° 2009-104 relative à la prévention de l’utilisation du système financier aux fins de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme

[9] Cutajar C., Postface in Le soupçon en questions, Pour une lutte efficace contre le blanchiment, sous la direction de Jean-Louis Guillot, Annie Bac, Emmanuel Jouffin, David Hotte, Revue Banque Edition, p. 137 s.

[10] L. 561-1 à L. 561-45 du Code monétaire et financier

[11] L. 562-1 à L. 562-11 du Code monétaire et financier

[12] L. 563-1 à L. 563-5 du Code monétaire et financier

Commentaires

Voilà ce qu'on peut faire quand on se rebiffe et je le conseille à chacun qui peut avoir des ennuis avec ce gros connard de sarkozy ou
sa clique de clowns de flics minables : je suis en train de régler un petit problème du genre détail avec cette grosse tache de si peu
président de la république Française, en lui envoyant un avocat pour mises sous surveillance illégales, lynchage numérique inspiré de bonnes vieilles
méthodes qui ne déplairaient pas au ku klux klan, lynchage qui n'a mobilisé personne sur le web ou dans la presse et plagiat vulgaire et ridicule
qui passe à la télé. Avis à la population et merci pour l espace d'expression. Voilà, ceci est également une tentative de gros scandale public
parce que ça calme pas mal les gros connards en attendant de trouver un enfin avocat qui réglera ce problème de non respect de mes droits les plus élémentaires.

et dotclear dit :Vous êtes exclu de ce forum. L'administrateur ou le modérateur qui vous ont exclu envoient le message suivant -
Quels Pétochards gerbants à Dotclear de la " blogosphère " :)

Quant a sarkozy, s'il n'aime pas le web, et s'il n'aime pas la rue qui sait, la preuve, très bien se défendre, qu'il la quitte !

Ecrit par : nina | 14/04/2009

Bonjour,

J'ai une question personnelle..

J'habite le Liban, je viens de demander a deux de mes banques fraçaises de virer une somme exorbitante sur une banque libanaise (compte ouvert a mon nom)
la somme : 1000 euro !
Refus des 2 banques sans information ni commentaire.
Je précise que je dépose réguliérement des cheques de ces banques (françaises donc !) sur ce compte et que l'argent vient naturellement..

que dois-je comprendre ?

est-ce un abus de pouvoir ?

merci de votre réponse

Ecrit par : Tafadal | 08/05/2009

Article très intéressant, merci à vous.

Alber.

Ecrit par : alber | 06/06/2009

en quoi la réponse d'Alber est interessante ?
en rien !..

curieux que l'auteur de ce blog laisse passer cela d'autant qu'il s'agit d'un site commercial (vente de fringues)

Ecrit par : coco | 06/06/2009

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