21/01/2009

ENSEMBLE DEFENDONS L'UNIVERSITÉ

Je mets en ligne le texte de la motion adoptée le 6 janvier 2009, lors de la réunion qui s’est tenue en présence d’universitaires au Centre Panthéon et à laquelle j’adhère totalement.

Ce rassemblement a décidé de prendre l'appellation de « Collectif pour la défense de l'Université » et invite chaque collègue, quelle que soit sa discipline, à apporter son soutien à cette motion qui sera transmise au Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, au Premier ministre et au président de la République.

Je remercie toutes celles et ceux qui viennent sur ce blog, même s'ils ne sont pas universitaires, à lire la motion, et, le cas échéant, à apporter votre soutien à cette motion en adressant un mail à cutajar.chantal@wanadoo.fr

 

L’université, garante de l’avenir de nos enfants est l’affaire de tous.

 

MOTION

Sur le projet de décret portant réforme des statuts des enseignants-chercheurs

6 janvier 2009 

Les universitaires soussignés, professeurs et maîtres de conférences,

Après avoir pris connaissance des dispositions projetées en vue de réformer leur statut

 Rappellent :

 • Que l’enseignement supérieur trouve sa raison d’être dans la transmission, principalement dans les cours dispensés aux étudiants, d’un savoir constamment enrichi par les recherches ;

• Que cette fonction suppose une indépendance qui ne peut être assurée, dans ses principes, que par la voie législative ;

• Que les carrières des universitaires doivent dépendre exclusivement d’organes assurant leur représentation propre – c’est à dire majoritairement composés par des membres du corps – et authentique – c’est à dire appartenant à leur discipline.

 Constatent :

 • Qu’en méconnaissance de ces principes, il est envisagé de régler leur statut par voie de décret en laissant, en outre, aux conseils d’administration des universités de larges compétences pour l’appliquer alors que la composition de ces conseils ne garantit pas une représentation propre et authentique seule à même d’assurer l’indépendance dont l’Université a besoin,

• Que le projet rompt avec une conception de la fonction universitaire partagée à l’étranger et, en particulier dans les pays voisins alors que le manque de moyens des universités rend déjà difficile l’accomplissement de leurs tâches essentielles ;

Que l’affirmation du projet selon laquelle le service des enseignants se partage entre enseignement et recherche est immédiatement contredite par l’obligation d’assumer, sans que les conditions en soient clairement précisées ni l’évaluation assurée, des tâches sans rapport avec ce service ;

• Que l’absence d’une définition précise des deux fonctions d’enseignement et de recherche est d’autant plus dommageable que le projet accorde une plus grande place à une procédure d’évaluation qui n’offre aucune garantie ;

• Que l’alourdissement du service actuel des enseignants-chercheurs est incompatible avec l’accomplissement de leurs missions.

 Demandent :

 • Que le déroulement de la carrière de chaque universitaire dépende d’une appréciation portée par ses pairs, de même spécialité ;

• Que la modulation du service – si elle était instituée – ne puisse être décidée qu’en fonction de critères objectifs définis au niveau national, et assortie de recours appropriés.

• Que cette appréciation soit, pour l’essentiel, effectuée au niveau national, en vue d’éviter le clientélisme ;

• Que l’identité disciplinaire soit reconnue et protégée en confiant les promotions à une instance nationale et non en donnant à un conseil d’administration dont la composition n’assure nullement la représentation de toutes les disciplines une place déterminante pour la promotion des maîtres de conférence à la « hors-classe » et des professeurs à la première classe ;

Que le service statutaire soit uniquement défini par un volume maximum d’heures de cours en fixant une équivalence pour les activités administratives liées à l’enseignement et à la recherche (par exemple, direction d’UFR, de diplômes, d’équipes de recherche, mandat au CNU, responsabilité dans les relations internationales de l’université…) ;

• Que, dans la perspective de l’évaluation, la définition des enseignements et de la recherche soit établie en fonction des exigences scientifiques propres à chaque discipline et non à partir de critères abstraits dont l’application favorise l’arbitraire;

• Que la place d’un CNU légitimé par l’élection, seule institution susceptible d’assurer la représentation des disciplines, soit complètement restaurée en imposant son avis conforme pour toute proposition d’avancement ;

• Que les membres du CNU se voient offrir des conditions de travail décentes (secrétariat et décharges de service) ;

• Que les candidatures des professeurs associés soient appréciées par le CNU ;

• Que le texte ne soit pas adopté en l’état ;

• Que toute réforme du statut des enseignants-chercheurs prenne en considération les propositions déjà faites par les universitaires et dont la motion se fait l’écho.

 Déclarent :

 • Qu’à défaut ils sont déterminés à engager toute action propre à empêcher l’adoption de ce texte

Commentaires

Motion absolument incompréhensible!!!

Ça ne veut rien dire de précis. Où est le programme de décriptage, je ne le trouve pas!

Il y en a pas?! Bon...heu...OK je retourne cultiver mes patates! :-)

Ecrit par : philippe, | 11/02/2009

Philippe a raison. De quoi peut-on parler sans programme de decriptage... je me range a son avis.

Ecrit par : Julie Ship Repair | 25/02/2009

Oui! En écrivant des revendications incompréhensibles, même pour eux, loin des trop basiques torchons rédigés par une CGT par exemple, les universitaires refusent définitivement de se mélanger aux vulgaires. Et là pour le coup c'est clair!

Je trouve que cette motion est révélatrice de la faiblesse de notre Université, car l'intelligence c'est d'abord l'intelligence de se faire comprendre. Là, c'est pas le cas! Le fait est, que nous avons des universités très faibles, très peu cotées et orgueilleuses de leur histoire, qu'il n'est plus qu'un pâle souvenir.

Alors, au lieu de monter sur ses grands chevaux, au lieu de jouer aux prétentieux qui savent tout et de façon incontestable, mais qui en vérité cachent un corporatisme banal, je conseille plutôt aux universitaires de ne pas prendre les gens pour des idiots et d'avoir « l'intelligence » de s'ouvrir un peu plus aux Français de base.

Ecrit par : Philippe, | 25/02/2009

Ecrire un commentaire