19/05/2008
10° enquête mondiale sur la corruption et la fraude en entreprise publiée par ERNST & Young
Les entreprises françaises manqueraient-elles de clairvoyance ? Elles se déclarent moins confrontées à la corruption que le reste du monde dans la 10ème enquête mondiale sur la corruption et la fraude en entreprise, publiée par Ernst & Young.
- A combien d'entreprises françaises a-t-on déjà demandé de commissions occultes pour obtenir un contrat? Combien sont elles à avoir déjà perdu un contrat face à un concurrent qui aurait, lui, versé un dessous de table ? Quel est l'impact négatif le plus significatif pour une entreprise à la suite d'une éventuelle fraude? Parmi les acteurs liés à une entreprise (Investisseurs, fournisseurs, clients, salariés, ect.), lequel sera le plus lourdement impacté en cas de fraude?
Les entreprises françaises se déclarent moins confrontées à la corruption que le reste du monde
L’enquête 2008 d’Ernst & Young révèle que seulement 6% des personnes interrogées en France affirment qu’un cas de corruption ou de fraude s’est déjà produit dans leur entreprise contre 10% en Europe de l’Ouest et presque un quart (24%!) au niveau mondial.
10% des salariés interrogés en France, déclarent qu’une commission occulte a déjà été demandée à leur entreprise pour garder un contrat ou en obtenir un nouveau, contre 23% dans le reste du monde.
Cependant, seulement 6%, déclarent en France que leur entreprise a perdu un contrat face à un concurrent qui, lui, aurait versé une commission occulte. Ce chiffre s’élève à 18% au niveau mondial.
La régulation anti-fraude a été renforcée partout dans le monde, une perception d’autant plus forte en France
La majorité (67%) des répondants de l’enquête au niveau mondial s’accorde à penser que la régulation anti-fraude est aujourd’hui renforcée comparée à 2002. Cette tendance est encore plus forte en ce qui concerne la France où ce chiffre atteint 82% des personnes interrogées. Ainsi, la France se démarque sur ce point aussi bien du reste du monde que de l’Europe de l’Ouest qui compte 68% de réponses positives.
Autre spécificité française dans la lutte anti-fraude, l’attention particulière portée aux audits internes de la conformité aux régulations. Ainsi, 64% des répondants Français les mentionnent en première place parmi les mesures efficaces de gestion des risques de corruption et de fraude. Ce chiffre n’atteint que 49% au niveau mondial, où l’on privilégie la vigilance et les formations des salariés.
En France, la première conséquence d’une fraude est la fermeture de certains marchés pour l’entreprise
La majorité du panel français estiment que la conséquence la plus importante d’une éventuelle fraude est un accès fermé de leur entreprise à certains marchés.
Il est suivi par la crainte d’amendes et de pénalités (44%) et le frein au développement futur de l’entreprise (34%). A l’inverse des entreprises françaises, dans le reste du monde la peur d’amendes et de pénalités financières est prédominante. Elle recueille l’avis de 45% des personnes interrogées au niveau mondial et figure en première position des conséquences négatives liées à une fraude. Elle est suivie par l’accès bloqué à certains marchés (44%) et les freins au développement futur de l’entreprise.
Les investisseurs : premières victimes de la fraude en entreprise.
Au niveau mondial, les résultats de l’enquête démontrent que les investisseurs sont ceux qui sont le plus lourdement touchés par une accusation de fraude ou de corruption de l’entreprise (selon 54% des répondants). Ils sont suivis des clients (en deuxième position avec 47%) et du grand public (troisième place avec 41%).
En ce qui concerne la France, les investisseurs restent les premières victimes de la fraude avec 50% des voix. Les salariés ne sont cités qu’en troisième place parmi les « victimes » d’une fraude.
Les répondants français semblent également relativiser les conséquences négatives sur les clients et le grand public par rapport à leurs homologues au niveau mondial.
« Aujourd’hui en France, la prévention de la fraude n’est plus considérée comme un simple équilibre entre coûts de la conformité aux réglementations et montant des sanctions financières suite à une éventuelle fraude » analyse Jean-Michel Arlandis, associé en charge du département Fraud Investigation and Dispute Services (FIDS) chez Ernst & Young « Les entreprises ont pris conscience que les impacts d’une fraude dépassent le seul aspect financier. Elles accroissent leur vigilance, préférant ainsi perdre un contrat que faire face à des risques de corruption ».
Source : http://www.ey.com/global/content.nsf/France/Press_release...
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